Énergie

 Le Pétrole

 

 

Il aura fallu plus d’un an de langue de bois bien française avant de l’admettre : la flambée des cours du pétrole est essentiellement due à la spéculation financière !

Alors qu’il n’y avait guère de doute à ce propos (1), gouvernants et médias ont persisté pendant des mois à vouloir faire croire aux Français que la Chine et autres pays « émergents » étaient les seuls responsables de la hausse par « l’envolée de leurs consommations » (2).

Avant d’admettre la vérité, il a bien fallu s’en prendre également aux compagnies pétrolières (3), et particulièrement à Total : socialement, économiquement et politiquement correct, cela va de soi…

Tout cela avec la contribution de certains « écologistes » qui trouvaient là matière à alimenter leur juteux fonds de commerce !

Pendant ce temps, « la  spéculation » (4) allait grand train, engrangeant des fortunes gigantesques au détriment des populations et de l’activité planétaires !

Alors que les économies nationales sont gravement secouées, que les entreprises et les « ménages » sont frappés de plein fouet par les difficultés, « on » laisse libre cours à des hausses vertigineuses: 560% depuis 2002, 230% depuis 2006 et 200% depuis 2007 (5).

« On » ? Tout particulièrement notre excellent président et son gouvernement, dont la compréhension n’est rapide qu’après de longues « explications », semble-t-il !

Alors ? « On » envisage, peut-être, mais sous quelques mois seulement (6), de plafonner la tva sur le pétrole ! Pour être évidemment bienvenue, une telle mesure relève clairement de l’emplâtre sur une jambe de bois ! Au surplus, elle revient à cautionner et alimenter la spéculation ! Un comble !

Peux-t-on croire (ou faire croire), même un instant , que les économies occidentales, la planète entière, pourront supporter cela longtemps avant de s’embraser ?

Veux-t-on prendre le risque de laisser une poignée d’ordures (7) porter artificiellement les cours à 200 puis 300 $ le baril ou plus en quelques mois, comme on essaie encore de nous en convaincre ? Avec des arguties comme la « nervosité » du marché (8) ?

Et en arriver à l’émeute, comme pour le blé et le riz, ou pire ?

Environnement et raréfaction de la ressource ne sont nullement en cause ici : il faut donc, immédiatement, casser cette spirale infernale.

Le remède ne serait-il pas dans une suspension immédiate de la cotation du pétrole sur les places de New York et Londres ? Suivie du retrait des matières premières vitales du « marché » , afin de les protéger de la voracité des financiers.

Ou, comme le préconise la Commission Énergie du Congrès américain : dans l’exclusion des spéculateurs eux-mêmes dudit marché (1) ? Ce qui est pour le moins remarquable, venant d’incontestables libéraux !

La décision appartient aux gouvernements, spécialement du G8.

Peut-on espérer que M. Sarkozy fasse enfin preuve d’un minimum de lucidité et de courage à Hokkaido Toyako la semaine prochaine ?

On peut toujours rêver…

 

 

H. Rius

 

1)- Rapports du Congrès des Etats-Unis – Comité de l‘énergie et du commerce (27/06/06, 12/12/07, 11/06/08) : à 71% !

 

 

http://energycommerce.house.gov/Press_110/110nr281.shtml

http://energycommerce.house.gov/Press_110/110nr143.shtml

 

 

2)- Inde, Amérique latine en particulier

3)- Qu’elles aient « mécaniquement » profité du contexte ne fait pas de doute, mais de façon mineure

4)- Fonds souverains, d’investissements, de pension (retraite), banques, compagnies d’assurances, caisses de retraite etc.

5)- Minefi

6)- Accord de la Commission européenne oblige ! 7)-En français dans le texte…

8)- Quand on ne sais pas tenir ses nerfs, on ne joue pas en bourse… ni avec le feu !